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Nous avons le plaisir d'annoncer que François Alu, sujet de l'Opéra de Paris et membre de 3e étage depuis son entrée dans le Ballet en 2011, est distribué dans le rôle principal de Basilio dans Don Quichotte à l'Opéra Bastille les 19 et 23 décembre 2012.

A cette occasion, nous lui avons posé quelques questions :

3e étage : C'est ton premier rôle principal à l'Opéra, ton premier ballet en plusieurs actes, quel est ton état d'esprit ?

François Alu : Don Quichotte, c'est le ballet que je veux danser depuis que je suis tout petit. A la base il me plaisait surtout parce que le rôle de Basilio, que je vais danser, est plein de technique, et qu'il y a un jeu de séduction avec Kitri.

Je regardais la vidéo sur la télévision, et quand je voyais une difficulté, je mettais sur pause pour aller essayer le pas en question dans la salle de danse de ma mère, qui était en-dessous de chez nous. Si je ne pouvais pas parce qu'elle donnait un cours, j'allais l'essayer dans le jardin.


Tu le vois différemment aujourd'hui ?

Disons qu'avant je voyais quelque chose d'assez vague, et d'assez simple finalement. Je voyais qu'il y avait de la grosse technique que j'aimais beaucoup, et qu'il fallait séduire la fille.

Maintenant, je vois beaucoup d'autres choses : l'intégralité de l'œuvre, comment elle a été construite, l'évolution du personnage, son rapport avec les autres personnages, le travail de pantomime. Même le fait qu'il faille séduire Kitri, je le vois de façon plus nuancée, il ne s'agit pas juste de l'impressionner avec des exploits techniques, on peut jouer du regard, des intentions, de la façon de se comporter avec elle, des différentes façons de la traiter quand on danse ensemble. Un autre aspect que je trouve maintenant très important, et dont je n'avais pas du tout conscience il y a quelques années, est la préparation physique.

Avant je pensais pouvoir faire toutes les variations tranquillement parce que je les faisais devant ma télévision sur le carrelage qui glissait. Bastille, c'est plus grand...

Plus sérieusement, il y a un gros travail à faire sur soi, de préparation physique en amont, mais aussi de dosage pendant la représentation. Avec l'évolution de la façon de danser aujourd'hui, il faut impérativement une préparation semblable à celle des sportifs de haut niveau.

Aborder un ballet en trois actes, ce n'est pas simplement faire des variations, il s'agit aussi de toutes les liaisons entre, il faut être préparé physiquement et psychologiquement. Il y a toute la structure de la soirée, qui est longue à gérer, à tous les niveaux.

Qui sera ta partenaire ?

Je danse avec Alice Renavand [Première Danseuse]. Elle est beaucoup plus expérimentée que moi, elle a déjà abordé de nombreux rôles principaux dans le répertoire contemporain, au départ j'étais un peu intimidé.

En même temps, ce sera pour elle aussi son premier ballet classique en trois actes, donc par ce côté on est liés, on n'a jamais fait ça ni l'un ni l'autre.

Dans le travail, elle est très patiente et positive avec moi, elle ne m'impose pas les choses malgré sa plus grande expérience, elle fait tout ce qu'elle peut pour m'aider, on fait un vrai travail à deux.

Enfin, le courant passe très bien au niveau de l'interprétation, on va dans le même sens au niveau des personnages, des intentions, ce qui est formidable parce que cet aspect est très important pour moi.


Comment vois-tu ce moment dans ta carrière et qu'espères-tu pour la suite ?

En ce moment, j'essaie d'évoluer sur énormément de points que j'ai pu aborder à travers le rôle de Basilio. J'ai l'impression d'être dans une phase de construction, d'évolution dans ma façon de danser et d'aborder mon travail.

Je commence à comprendre réellement l'impact qu'être responsable d'un rôle en plusieurs actes peut avoir sur la vie d'un soliste, les priorités qu'il faut changer, le fait qu'il faille un peu concevoir le reste de sa vie autour. Ça m'oblige à mûrir, à faire un travail sur moi-même, notamment au niveau de l'assiduité de la préparation, de la concentration. Pour ce genre de rôle, il est vraiment essentiel d'être à 100% disponible à chaque instant de préparation. Surtout pour ce Basilio que j'ai préparé en deux semaines, il fallait absolument faire progresser le rôle de jour en jour, je ne pouvais pas me permettre de perdre une seule information en répétition, chacune était essentielle.

Pour la suite, j'espère de tout cœur continuer à aborder des rôles classiques comme celui-ci, présenter un travail détaillé dans l'énergie et la technique, mais aussi aller plus loin au niveau du style, de la propreté, de la qualité de mouvement, de l'interprétation.

J'ai aussi très envie de continuer à travailler dans le registre contemporain, dans lequel on peut utiliser de façon plus large les petites nuances dont on se sert dans le classique. On peut aller chercher des choses plus extrêmes, prendre plus de libertés avec le mouvement.

J'aime beaucoup quand un chorégraphe crée sur moi, quand il y a une part d'adaptation, un échange et une écoute d'un côté et de l'autre.

C'est notamment pour ça que j'aime beaucoup faire partie de 3e étage. D'une part parce qu'il y a ce rapport créatif avec Samuel [Murez], j'ai une marge de proposition, pour amener des choses spécifiques que je sais faire, il y a un réel échange et on aboutit à quelque chose de plus personnel, de plus ciselé, que ce soit dans un langage néo-classique ou plus contemporain, voire acrobatique.

D'autre part je trouve l'aspect humain du groupe très important. On se connait bien, on s'apprécie, on est là les uns pour les autres quand ça ne va pas. Je pense que cette intimité se voit aussi en scène, elle contribue à la saveur très particulière des spectacles du groupe, et faire partie de cela compte beaucoup pour moi.


BIOGRAPHIE


Né en 1993, François Alu intègre l'Ecole de Danse de l'Opéra de Paris en 2004. Doué de grandes facilités techniques et athlétiques ainsi que d'une énergie débordante, il fait une prestation remarquée dans le rôle du Bagnard dans "Piège de Lumière" de John Taras en 2010. Il intègre le Corps de Ballet de l'Opéra cette même année, âgé de 16 ans, et reçoit le prix de l'A.R.O.P. de Jeune Espoir du Ballet.

En 2011, à l'issue du concours de promotion du Ballet, il est promu "Coryphée". Il danse l'Acrobate dans "Les Enfants du Paradis" de José Martinez, et l'Idole Dorée dans "La Bayadère" de Rudolf Noureev. En 2012, il est récompensé par le prix du Cercle Carpeaux ainsi que par le prix de l'A.R.O.P. de la Danse. Il interprète notamment Alain dans "La Fille Mal Gardée" et le Chef des Mendiants dans "L'Histoire de Manon" de Frederick Ashton. Il est promu "Sujet" à l'issue du concours de promotion du Ballet.

Au sein du groupe 3e étage, il s'est produit en France et à l'étranger, notamment au Festival des Arts de Saint Sauveur, Québec, et au Jacob's Pillow, USA, dans des pièces de William Forsythe, Ben van Cauwenbergh, Raul Zeummes et Samuel Murez. Il a créé le rôle de Louis dans "La Danse des Livres" (2011), ainsi que le solo "Dance of the Fraalu" (2012), qu'il est le seul à danser au sein du groupe.


ACTUALITE


François Alu danse Basilio dans "Don Quichotte" à l'Opéra Bastille les 19 et 23 décembre 2012.

Il est à l'affiche de la prochaine représentation de 3e étage, le 19 Janvier 2013 au Théâtre Roger Barat d'Herblay (direction Vincent Lasserre).

En juin 2013, il sera des 5 représentations exceptionnelles du groupe au TAM de Rueil-Malmaison, où il dansera notamment "Dance of the Fraalu", un solo créé sur lui par Samuel Murez à l'occasion de la tournée 2012 de 3e étage à Buenos-Aires.

L'équipe de 3e étage

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